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Identités régionales musicales en Europe
Responsables : , Jean-Luc Gester
Chercheurs : Gilbert Lefeuvre, Sandrine Dumont, Lorenzo Brondetta, Pierre Guillot, Louis Jambou
Ce groupe rassemble des chercheurs qui travaillent sur des problématiques
d’identités régionales en Europe. A l’heure de l’élargissement,
de nombreux citoyens recherchent leur identité, leurs traditions, leur
patrimoine afin de mieux se situer dans la grande communauté européenne.
Les musicologues contribuent à cette quête identitaire par le catalogage
des fonds musicaux régionaux (initiative du Ministère de la Culture),
l’étude des répertoires régionaux et leur publication,
des études en histoire sociale de la musique.
Le contrat 2006-2009 devrait permettre de développer les recherches et
de les inscrire plus largement dans le cadre des euro régions, de nouer
des liens avec les universités des autres pays et de préparer
un dossier auprès des Institutions européennes.
Direction: .
- Les pratiques musicales dans le Nord de la France (Moyen âge - Renaissance)
responsable : Sandrine Dumont /Centre de recherche ARTES Lille3/ Paris IV
Expositions région Nord + colloque avec Paris IV – décembre 2005
- Dictionnaire des compositeurs picards – partenariat avec l’Institut de musicologie en Picardie.
- Recherches de répertoires pour le Festival des cathédrales en Picardie.
Direction:
Dernieres Publications:
GESTER, Jean-Luc, La musique religieuse en Alsace au XVIIe siècle,Réception de la musique italienne en pays rhénan (Presses Universitaires de Strasbourg, 2001. 350 p.)
Prix Marcel Flach (Prix décerné tous les 3 ans par l'Académie des sciences morales et politiques) le 7 novembre 2005 pour son ouvragePartitions :
Eugène THOMAS (1841-1918), Variations pour orgue sur des noëls : "La Messie vient de naître", "Les anges dans nos campagnes", Musica Rinata, Ditzingen (RFA), 2004.
Martin VOGT (1781-1854), Orgelwerke (Sonate F-Dur, Sonate D-Dur, Variationen F-Dur, Variationen Es-Dur), Musica Rinata, Ditzingen (RFA), 2004.
Josse-François-Joseph BENAUT v. 1743-1794), Pièces d'orgue, Messe en Fa majeur, Les Cahiers du Tourdion, Strasbourg, 2005.
Articles"Les compositions sur le Magnificat de Henri Hardouin (1727-1808)", dans : Cahiers rémois de musicologie n° 2, Presses Universitaires de Reims, Reims, 2005, p. 59-81.
- Publication et éditions critiques d’œuvres vocales et instrumentales du XVIIe siècle rhénan, du XVIIIe siècle français et du XIXe siècle (pour le XIXe, principalement de la musique d’orgue). Mise en valeur par le concert et l’enregistrement.
Recherches sur la musique allemande des XVIIe et XVIIIe siècles, avec plusieurs axes de recherches :Motets et sonates de la première moitié du XVIIe siècle.
• Publication du Promptuarium musicum de Johann Donfried (Strasbourg 1622 à 1628), soit plusieurs centaines de motets italiens et allemands. En association avec la classe de gravure du CRN de Strasbourg, à partir de 2005.
• Publication du Manuscrit Rost (150 sonates italiennes et allemandes, ca. 1650) En association avec la classe de gravure du CRN de Strasbourg, à partir de 2005.
• Publication du Te Deum (Melosirenicum) pour la célébration du traité de Westphalie de Philipp Friedrich Böddecker aux éditions du CNR de Strasbourg, avec traduction d’un important écrit de Samuel Capricornus consacré à cette œuvre (Automne 2004).
• Poursuite de la publication des motets de Samuel Capricornus, Johann Melchior Gletle, Philipp Friedrich Buchner, Sebastian Anton Scherer aux éditions des Cahiers du Tourdion (Strasbourg), Primalamusica (Londres), Musica rinata (D- Ditzingen)
Cantates allemandes
Ce travail est déjà largement entamé par la publication de nombreuses cantates de Wolfgang Carl Briegel aux Cahiers du Tourdion sera poursuivi.
• Fin de la publication du cycle de la Trosquelle de W. C. Briegel, aux Cahiers du Tourdion (partiellement avec le concours des étudiants de maîtrise de Paris-IV) et publication d’autres cantates du même compositeur chez divers éditeurs.
• Publication d’autres œuvres de la fin du XVIIe et du XVIIIe (Frauenholtz, Christian Lieben, Brück) principalement conservées à Strasbourg.
• Lancement d’un grand projet de restitution, d’analyse et de publication des cantates de Christoph Graupner (la plupart des 1500 cantates de ce compositeur sont conservées sous la forme de manuscrits à Darmstadt). Projet en association avec La chapelle Rhénane (dir. Benoît Haller) qui projette d’enregistrer trois CD consacrés aux meilleures de ces œuvres en 2005/ 2006 /2007. Les étudiants de Paris-IV seront associés à ce projet à partir de 2005.
Musique française du XVIIIe siècle- Poursuite des travaux (restitutions, articles, publications d’œuvres) autour de Henri Hardouin et de la musique à Reims et en Champagne au XVIIIe siècle. Articles dans les Cahiers Rémois de Musicologie, publications d’œuvres aux Cahiers du Tourdion et à Primalamusica.
- Des concerts partiellement consacrés à ces œuvres sont programmés par Le Parlement de musique (dir. M. Gester) en 2004 et 2005.
- Restitution en vue d’un concert et d’un enregistrement d’une messe avec symphonie de Desnoyers (Strasbourg 1758) conservée à Stockholm. Elle sera créée par le Parlement de musique dans le cadre d’une exposition « Strasbourg 1750 » (Musée des Arts décoratifs) qui aura lieu à partir de décembre 2005.
- Recherches, publication et exécution de musique d’orgue de la fin du XVIIIe.
• Publication d’œuvres de Benaut : Une Messe d’orgue en Fa Majeur paraîtra aux Cahiers du Tourdion en novembre 2004 (Co-édition avec Damien Vaisse qui a fait d’importantes recherches sur le compositeur). D’autres volumes paraîtront aux éditions de la Fondation Théodore Gouvy.
• Noëls de Jean Baptiste Charbonnier, Editions de la Fondation Théodore Gouvy (co-édition avec Sébastien Renard)Musique d’orgue de la fin du XVIIIe et du XIXe siècle.
Recherches, publications et enregistrements de musique d’orgue et de motets pour voix et orgue de cette période. Le domaine géographique défini –mais non limitatif- est celui du Grand Est de la France (Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne, Vosges). L’existence de nombreux instruments de cette période permet d’envisager de nombreux concerts et plusieurs enregistrements.
Quelques exemples :
• Œuvres d’orgue et motets de Martin Vogt : publication et enregistrement (fin octobre 2004, à Sermersheim) aux éditions Musica rinata. Un article consacré aux Echos du Sanctuaire, vaste collection de musique vocale est prévu pour 2005 (Cahiers rémois de Musicologie n° 3)
• Œuvres d’orgue d’Adolphe Querm : publication des œuvres complètes et enregistrement aux éditions Delatour (Paris) en 2005
• Œuvres de Clément Lippacher aux éditions Delatour (2005)
• Noëls d’Ernest Grosjean (Fondation Théodore Gouvy)De nombreuses notices consacrées à ces compositeurs et à d’autres personnalités musicales (interprètes, théoriciens etc.) paraîtront dans les volumes de supplément du Nouveau dictionnaire de Biographie Alsacienne (Fédération des sociétés d’Histoire et d’Archéologie d’alsace) : notices Michaël Buliowski, Johann Donfried, Adolphe Querm, Daniel Roth, Abraham Schadaeus, Caspar Vogt, Michael Vogt etc.)
Suite de la publication des Cahiers Rémois de Musicologie fondés en 2003 et dirigés depuis lors avec Marc Rigaudière (le deuxième volume, en préparation, paraîtra aux Presses Universitaires de Reims, fin novembre.
Chargé de mission: Lorenzo Brondetta
Conseil scientifique:
C'est dans l'esprit des grands inventaires scientifiques chers à A. Malraux [1] , que celui des fonds musicaux a été entrepris en 1988, à l'initiative du Ministère de la Culture et de la Communication, de la Bibliothèque nationale de France et exécutée en partenariat financier avec les Régions. L'administration et le financement de l'opération sont assurés par le Bureau du patrimoine de la D. M. D. T. S. et le Bureau du patrimoine de la Direction du Livre et de la Lecture.
Il a pour objectif de recenser, étudier et cataloguer des fonds musicaux anciens conservés dans les institutions publiques (bibliothèques, archives, musées...) des vingt-deux régions de France métropolitaine.
A ce jour, la collection des catalogues qui constituent l' comprend 29 tomes.
La définition des sources prises en compte est conforme à celle du Répertoire International des Sources Musicales (R. I. S. M.). Ainsi, les livres liturgiques et les recueils de chansons pour une voix sans accompagnement ne sont, en principe, pas inclus dans cet inventaire. Par contre, sont concernés tous les manuscrits et imprimés polyphoniques publiés ou rédigés entre le XVIe et le début du XIXe siècle.
La mission s'est déroulée en trois temps :
- la
- l'organisation des visant à la valorisation de la mission et du patrimoine catalogué (colloques, enregistrements et exécution en concerts des oeuvres musicales découvertes, etc...)
- l'alimentation des base de données spécialisées (Bibliothèque nationale de France, Répertoire International des Sources Musicales de Francfort, etc...).
[1] "L'Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France est créé en 1964 à l'instigation d'André Malraux [...], il reçut pour mission de "recenser, étudier et faire connaître" le patrimoine artistique national, sans exclusive [...]. L'Inventaire contribue à l'élargissement de la notion de patrimoine en ne se limitant pas à la notion de chef-d'œuvre.
L'Inventaire général remplit peu à peu l'ambition qu'il s'est originellement assignée, à savoir dresser un catalogue exhaustif de la réalité patrimoniale du territoire [...]. Cette connaissance accumulée s'adresse à tout public. Elle procure plaisir et connaissance scientifique et nourrit la réflexion de ceux qui, particuliers ou collectivités, ont en charge le devenir du patrimoine et l'aménagement du territoire. L'Inventaire contribue à la sauvegarde du patrimoine" (Texte tiré de la page du site du Ministère de la Culture dédié à la mission d'inventaire du Patrimoine artisitique français)
Publication des actes Fonds musicaux napoléoniens- L’ARIAM Ile-de France, structure assurant les moyens financiers et logistiques de la mission de catalogage et éditrice du “Catalogue des Fonds musicaux anciens en Ile-de-France”
- Catalogage des fonds musicaux de la maîtrise Sain- Evode de Rouen
- Inventaire de tous les ouvrages portant sur la musique et l’hymnologie
(importants fonds du XVIe siècle), conservés à la Bibliothèque
du Protestantisme Français (Paris) –environ 400 fiches saisies
et environ 300 à traiter. (équipe Patrimoine musical)
Le premier volume de l’inventaire des fonds musicaux d’Île
de France contient 1525 ouvrages catalogués, soit 2200 notices rédigées
et environ 9 000 entrées d’index. Il recense sept lieux (bibliothèques,
musées et autres institutions publiques) choisis parmi les 175 mentionnés
dans le pré-inventaire et décrit des ouvrages de musique polyphonique
manuscrite et imprimée dont la publication ou la rédaction est
antérieure à 1830. Ces fonds sont:
- St.-Rémy-Les-Chevreuses, Fondation de Coubertin
- Coulommiers, Bibliothèque Municipale
- St.-Mandé, Bibliothèque Municipale
- Melun, Bibliothèque municipale
- Rueil-Malmaison, Musée du château de La Malmaison
- Saint-Denis, Saint Germain en Laye, Maison d'Education de la Légion
d'Honneur
La nature des fonds recensés a imposé un élargissement
de certaines limites (chronologie, types de documents catalogués). En
effet, sur le modèle du RISM (séries A I et A II), il avait été
initialement prévu de s’en tenir aux manuscrits de compositeurs
nés avant 1770 et aux imprimés publiés avant 1800. Or,
la cohérence des fonds a très vite imposé la nécessité
de repousser ces dates jusqu’à 1830 car plus de 80 % des documents
catalogués ont été publiés ou rédigés
entre 1790 et 1830. Appliquer de façon rigide les critères de
date aurait exclu des collections comme celles du Musée des châteaux
de Malmaison et Bois-Préau ou de la Maison d’Éducation de
Saint Denis, hauts lieux de l’époque napoléonienne.
Dans le même souci du respect de la cohérence des fonds, les collections
de livrets d’opéras-comiques – richesse de la Bibliothèque
municipale de Melun – souvent accompagnés de vaudevilles monodiques
(Théâtre de la Foire, Théâtre italien de Gherardi,
Œuvres de d’Ancourt, Œuvres de Vadé) ont été
intégrées au catalogue alors que le projet initial prévoyait
de s’en tenir aux documents polyphoniques.
Enfin, les méthodes et les traités ont été pris
en considération. Ils font l’objet d’une section spéciale
à la fin du catalogue. On les rencontre surtout à Saint-Denis
et dans la collection Caignart de Mailly conservée à la Bibliothèque
municipale de Coulommiers.
Aucun inventaire ou catalogue exhaustif des fonds musicaux catalogués
ici ne préexistait à ce travail.
BREF DESCRIPTIF DES FONDS PRÉSENTS DANS LE TOME I DU CATALOGUE DES FONDS D'ILE DE FRANCE
Le Château de la Malmaison de Rueil-Malmaison abrite
un fonds déjà connu ponctuellement par les spécialistes
mais sur lequel aucun regard d’ensemble n’avait été
donné. Il s’agit de l’importante collection des pièces
jouées lors des nombreux concerts organisés par l’impératrice
Joséphine et sa fille, la reine Hortense. Sa redécouverte et sa
mise en valeur en feront un lieu incontournable pour ceux qui s’intéressent
à l’histoire de la harpe : s’y trouvent tous les compositeurs
qui, en France, ont participé à la création d’une
école et d’un répertoire de cet instrument. On peut y voir
un vrai laboratoire dans lequel écriture musicale et innovations organologiques
ont marché du même pas. Bien encadrées dans le style de
l’époque, les compositions pour harpe de ces années là
contiennent des traits d’une très grande virtuosité, des
nouveaux doigtés, des passages qui s’attachent à exploiter
toutes les possibilités des mécaniques fraîchement inventées.
Les compositions de Martin Pierre Dalvimare (Maître de harpe de Josephine
et harpiste de l’Opéra), du Tchèque Jean-Baptiste Krumpholtz
(harpiste, dans sa jeunesse, de l’orchestre du prince Esterhazy, sous
la baguette de Haydn) avec celles de Dizi, Cardon, Naderman, Ragué constituent
un répertoire d’une grande richesse, entièrement à
découvrir.
Aux compositions pour harpe seule et accompagnée s’ajoutent celles
pour piano de Steibelt, Jadin, Pleyel et un important manuscrit contenant 65
romances dont les trois quart ne sont pas mentionnées dans l’ouvrage
La romance française sous la Révolution et l’Empire de H.
Gougelot.
“Avec la bibliothèque d’Astrée Caignart de Mailly
conservé à la Bibliothèque Municipale de Coulommiers
nous nous trouvons en présence du répertoire d’une pianiste
virtuose du début du XIXè siècle sur laquelle nous ne savons
à peu près rien, puisqu’elle n’a sans doute jamais
joué dans des concerts publics. Toute une recherche reste à effectuer
sur ce personnage énigmatique qui appartenait à la haute société
de son temps. Par qui et où cette jeune personne avait-elle été
formée ? Qui fréquentait-elle et dans quelles conditions se faisait-elle
entendre ? Notre dame Caignart de Mailly fréquenta-t-elle ces virtuoses
du piano à l’époque où l’instrument connaît
ses premiers développements spectaculaires ? Sa bibliothèque musicale,
en tout cas, nous montre une virtuose confirmée, capable de jouer tous
les grands maîtres du piano de son temps : Cramer, Steibelt, Hummel, Dussek.
Elle semble, aussi, s’être faite la championne du compositeur allemand
Henri Karr (le père du littérateur Alphonse Karr), qui vécut
à Paris au début du XIXème siècle et fut un moment
le compositeur de musique de piano à la mode. Sa bibliothèque
ne contient en effet pas moins de cinquante-sept œuvres de ce compositeur,
publiées à l’époque et dont certaines lui sont dédiées
: fantaisies, romances, airs variés, mais aussi sonates pour le piano
qui, à ma connaissance, n’ont jamais fait l’objet d’aucune
étude.
Ce fonds nous offre également d’autres partitions d’un intérêt
tout à fait exceptionnel : tel cet arrangement fait par le compositeur
Hummel de la première symphonie de Beethoven pour piano et flûte,
violon, violoncelle, édité à Paris chez Schlesinger vers
1825. La présence dans ce fonds de la partie de piano de cette version
rarissime (elle n’est pas décrite dans le catalogue Kinsky des
œuvres complètes de Beethoven) atteste à la fois de la part
de cette pianiste une pratique privée de la musique de chambre et un
intérêt pour un compositeur réputé alors d’exécution
extrêmement difficile” . ( Extrait de la préface au Catalogue
des fonds anciens d'Ile-de-France, faite par Jean Mongrédien.) Côté
manuscrits, on peut mentionner un arrangement de la Krönungs Messe de Mozart,
un arrangement pour piano du menuet de l’ouverture d’Iphigénie
en Aulide de Gluck, non mentionné dans Wotquenne, et un manuscrit contenant
les exercices d’harmonie d’Astrée Caignart de Mailly, témoignage
intéressant de la pratique pédagogique de l’écriture
musicale au début du XIXème siècle.
La bibliothèque musicale abritée à la Fondation
de Coubertin de St. Rémy lès Chevreuses, malgré
de fortes mutilations, est exemplaire pour sa cohérence. Ce fonds nous
aide à reconstruire le goût, le niveau et la culture musicale d’un
musicien amateur vivant entre le 18ème et le 19ème siècle
et vraissemblablement un(e) ancêtre du célèbre Baron Pierre
de Coubertin.
Il ou elle était violoniste d’un excellent niveau, élève
probable de l’école italienne. Les compositions de tous les grands
maîtres de son époque sont présentes dans sa collection
: Haydn, Mozart, Beethoven, Viotti, Pleyel, Boccherini, Onslow, Cambini. De
fait, duos, trios, quatuors, jusqu’au concerto pour violon soliste et
orchestre, tous les effectifs de la musique de chambre apparaissent dans sa
bibliothèque. La présence de deux éditions, éloignées
de 100 ans, de l’opus 5 de Corelli est emblématique de la richesse
de cet ensemble. L’une, éditée à Rome en 1700 et
l’autre, datée de 1800 (1er Prairial – an 7), éditée
par Ozi (directeur de l’Imprimerie du Conservatoire), témoignent
du lien étroit que l’école du violon de cette époque
entretenait avec ses racines les plus nobles. Le fonds contient aussi une vingtaine
de premières éditions françaises (ca. 1820-1830) de compositions
de Beethoven (sonates pour piano et violon, trios avec piano), ainsi qu’une
édition parisienne datée de 1829 du célèbre trio
opus 100 pour piano, violon et violoncelle, de Schubert.
“L’inventaire de la bibliothèque musicale de la Maison de la Légion d’Honneur à Saint-Denis ouvre aussi bien des perspectives nouvelles aux chercheurs et surtout aux spécialistes -car il y en a - de l’histoire de l’éducation musicale à travers les âges (…). L’examen des solfèges et des méthodes de piano et de chant conservés pourront fournir quelques précisions : certaines des méthodes publiées par le Conservatoire dans les années qui suivirent sa création, sont encore utilisées au XIXè siècle, notamment la méthode de piano de Louis Adam et le traité d’harmonie de Charles-Simon Catel. Mais il est vraisemblable aussi que des générations d’élèves ont appris les rudiments du chant dans les fameux Solfèges de Giuseppe Aprile, conçus dans la plus pure tradition vocale italienne du XVIIIè siècle, ou encore dans les Solfèges de Jean-Joseph Rodolphe, eux aussi déjà utilisés dans les dernières années de l’ancien régime et dont Fétis devait bientôt dire que leurs défauts « firent leur succès à l’époque où ils parurent ». Les demoiselles de Saint-Denis étaient formées sans doute, avant toute chose, à l’art du chant. Il est significatif en effet que toutes les références contenues dans ce catalogue aux œuvres d’Auber (pas moins de quatre-vingt neuf), le compositeur d’opéra en vogue à partir de 1820, renvoient à la bibliothèque de la célèbre Maison de Saint-Denis. Même remarque à propos de Rossini, qui le suit de près avec soixante-dix sept occurrences” .
La Bibliothèque Municipale de Melun, naît en 1794
pour répondre à la nécessité de donner un abri à
l’ensemble des 10.000 volumes qui sont le fruit des saisies révolutionnaires
des communautés religieuses environnantes et de la Collégiale
de Notre-Dame. Parmi les ouvrages faisant partie de ce premier noyau, on trouve
: l’Hymne Latine sur le miracle opéré à la procession
du Très Saint Sacrement dans la paroisse de Sainte Marguerite, le 31
May 1725... Paris, Ballard (non trouvé ni dans RISM ni à la BnF)
; Paraphrase des Psaumes de David en vers français par Antoine Godeau,
Paris : Denis Thierry, 1686 ; Stances chrétiennes de M.L.T., mises en
musique à deux, trois et quatre parties, avec des symphonies, Paris,
1692.
Le fonds musical s’enrichit ensuite au XXème siècle avec
le fonds d’Auguste Vincent, pianiste, excellent pédagogue et compositeur,
légué à la bibliothèque par sa veuve. Il compte
parmi ses ouvrages les plus précieux, une grande collection d’opéra
comiques ; le manuscrit autographe du IIIème acte de la Nitteti, opéra
de F. Parenti (1782) ; une édition du fameux Sperontes Singende Meuse
an der Pleisse (Leipzig, 1741), recueil imprimé de 68 odes et 34 airs
anonymes. A la fin de cet ouvrage, se trouve un fascicule cousu qui contient
26 morceaux manuscrits, certains identifiés comme des compositions de
G. Ph. Telemann.
Toujours à Melun, mais dans le Musée municipal contigu, est conservé
un feuillet manuscrit autographe de J. S. Bach. Il s’agit de deux pages
d’une partie de basse tirée d’une composition non identifiée
(une cantate ?, une passion ?), don de Sigismond Neukomm à Auguste Vincent.
Anecdotique du point de vue musical si l’on veut, mais fort émouvant
quand même.
Enfin, la Bibliothèque Municipale de St. Mandé. Ce fonds musical ancien est un mauvais exemple de conservation et l’on peut noter que même après notre passage, les ouvrages catalogués ne sont pas à l’abri d’un risque de détérioration. Le fonds, qui heureusement ne compte pas un grand nombre de documents musicaux anciens, (mais qui possède deux éditions françaises d’oeuvres de Mozart apparemment uniques) est devenu, pour des raisons mystérieuses, inaccessible.
Région Nord/Sud : Musiques ibériques, méditerranéennes et latino-américaines (MIMLA)
Responsables : Professeur , Professeur
"Jeune équipe" fondée en 1994 par Louis Jambou, intégrée
à l'unité "Patrimoines musicaux" en 1998, le groupe
Musiques ibériques, méditerranéennes et latino-américaines
(MIMLA) se propose de développer des recherches interdisciplinaires sur
l'histoire musicale, l'analyse formelle et la définition des styles de
l'ensemble des pays européens et ibéroaméricains de langue
romane. Ces études seront menées dans une constante interrelation
et leur mise en rapport avec les autres courants de la musique européenne.
- La Musique entre Pays Flamands et Pays Latins XV-XVII s.
(date à fixer) à la suite du colloque "
La musique entre France et Espagne- 1870-1939 "
« LA MUSIQUE ENTRE FRANCE ET ESPAGNE - INTERACTIONS STYLISTIQUES
I 1870-1939 »
Paris, Université de Paris IV - Sorbonne et Instituto Cervantes de Paris.
14-16 mai 2001.
Coordinateurs : María Nagore Ferrer et Stéphan Etcharry
Cycle de conférences et de films autour de : "Carmen et
l'Espagne au XIXème siècle"
Paris, Instituto Cervantes de Paris, 14-17 mai 2001 (en marge du colloque
« LA MUSIQUE ENTRE FRANCE ET ESPAGNE - INTERACTIONS STYLISTIQUES I 1870-1939
»).
« Musique latine et méditerranéenne », année 2001.
« La cathédrale aux temps modernes : institution musicale », en Sorbonne, 2000.
Manuel de Falla. Latinité et universalité. Actes du colloque international tenu en Sorbonne 18-21 novembre 1996 (ed. Louis Jambou), Paris, Pups, Musiques/Écritures, Série Études,1999.
Déodat de Séverac : Oeuvres inédites pour piano (éd. Pierre Guillot). Paris, PUPS, 1999/2000.
« L'Espagne au temps de Velazquez », Actes du colloque international tenu les 18-20 mai 1999 en Sorbonne. Cinq articles sur la musique en Espagne au XVIIème siècle. Organisateur : Jean-Paul Le Flem. Dans La Revue du XVIlème siècle, Paris, 2000.
La musique entre France et Espagne. I. 1870-1939. Interactions stylistiques. Actes du Colloque tenu à Paris 14-16 mai 2001 (ed. Louis Jambou), Paris, Pups, Musiques/Écritures, Série Études, à paraître (2003).
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